NEW SERIES - Peaky Blinders



Peaky Blinders est une série qui commence à dans une ville sale, en Angleterre. Arrière plan de Nick Cave et ses mauvaises graines, blues, rock, de la musique qui sent la fumée de cigarette et les bouteilles de whisky. Ca tombe bien, c'est exactement l'ambiance. 


LES TRUANDS 




Un homme passe. Cet homme, c'est Cillian Murphy. Il est évoqué pour la première  fois par un chinois comme "they asked for...". Ce "they", c'est lui. Il represente plein de monde. Il a du pouvoir. C'est pas pour rien s'il prend toute la place à l'écran. Et quand il ouvre sa bouche, il faut être un mec pour ne pas comprendre que c'est érotique. Au cas où vous êtes à la ramasse, la bande son, c'est Nick Cave and The Bad Seeds, et ça aussi ça fait rêver. Presque autant que Cillian Murphy.

Thomas Shelby, oui, parce que c'est de lui qu'il s'agit, fait partie d'une sorte de gang, les "Peaky Blinders" qui ont pour réputation de couper les langues et les oreilles avec des lames de rasoir qu'ils cachent dans leurs casquettes. 
Ils s'occupent aussi des paris de certaines courses de chevaux. Et ils ont tous fait la guerre. Oui, il fait rêver. Les communistes aussi font rêver les gens. Et oui, parce que le meilleur ami du truand est communiste. C'est un gentil quelque part. 

"the only difference between you and me, Freddie, is that sometimes, my horses stand a chance of winning"



Au début de la série, une jeune femme chinoise jette un sort au cheval de Thomas Shelby. Ne vous faites aucune illusion. C'est à vous qu'elle jette un sort.


LE FLIC



Le flic, c'est lui qui prend toute la place après. Le flic, le bandit et le pub, où le bandit commande et c'est "pour la maison", comme pour tout ce qu'il fait : le centre de la série est posé. Attention, Thomas Shelby ne commande pas une bière, mais une bouteille de Whiskey. On serait aux USA au temps de la prohibition qu'il commanderait de l'alcool à 90° s'il n'y avait que ça et il ne tanguerait pas. 

De tout façon quand on entre quelque part en ouvrant les deux portes de l'entrée, c'est soit qu'on est chez soi et on veut le signaler, soir on est un rageux, soit on est obèse. Et les deux dernières catégories ne sont pas négociables, c'est L'Angleterre, là, les mecs.




Un autre personnage : La tante. magistrale. Toujours vraie, toujours droite, le ciment de la famille. Si elle n'était pas là, les Peaky Blinders serait une bande de mecs sans couilles. Elle cadre un peu tout le monde et rappelle à l'ordre ceux qui déraillent. Elle aime, elle protège, elle materne, elle engueule, et elle prie pour tout le monde. Le ciment je vous dis. 




Les Shelby sont crédules. Ada croit au bonheur avec son communiste, et elle s'imagine un petit paradis avec lui, et finalement, elle finit dans le même rôle que la tante Polly : elle l'attend à la maison, et un jour, elle pète un cable. Elle arrive alors que tout le monde va s'entretuer, et s'interpose. 

Harry, c'est l'alcolo rêveur, le jeune homme qui n'a pas grandi en fait, qui a toujours 10 ans dans sa tête, presque autant que le petit dernier qui veut juste faire "comme Thomas". Comme d'habitude, c'est Thomas qui récupère les pots cassés : pour le petit comme pour le plus vieux. 

L'autre frère, il a déjà plusieurs enfants, et besoin desesperement d'une femme pour s'en occuper. Evidemment, c'est Thomas qui s'en occupe. il lui trouve la femme de sa vie. 

Les Shelby font leurs réunions de famille pour tout. "Family meeting". LE ciment je vous dis. Tous réunis ensemble dans l'adversité. Toujours. Avec leurs lames de rasoir, leurs casquettes, leurs cigarettes et leur whiskey à 12h, leur impossibilité à supporter la vie à cause de la guerre et leurs angoisses que chacun soigne de son côté, mais comme c'est une famille en fait tout le monde est au courant. 


Mais la vérité, c'est que les vrais réunions de famille se tiennent à l'église. C'est là que ce font les révélations se font. Tante Polly dira elle même : "God and Aunt Polly Are Listening".  Le business avec les fusils? A l'église. L'entretien d'embauche de la fille que Thomas commence à beaucoup trop apprécier? À l'église. 




LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND.














Element supplémentaire : la jeune fille qui arrive. Celle-là, elle s'appelle Grace. yes, vous l'avez deviné, c'est la jeune fille qui va tout déclencher. Elle demande du boulot là où personne ne devrait lui en donner, elle est bien trop gentille, trop belle et chante trop bien. La brutasse flic et le truant de Shelby vont tomber amoureux d'elle. Les deux !
Pourtant, la première fois qu'il la voit, il lui demande si elle est une prostituée. La classe, Shelby. 



Bonjour, on a fait un tour chez Sergio Leone. La bande son colle. Nick Cave, c'est un peu un cowboy. 





Finalement, la brute n'est pas si dur à cuire que cela, notamment quand il faut trouver la fille et qu'elle est avec le truand, et le truand n'est pas imperméable. Il est même vraiment endommagé par la guerre. 

Surtout, "le bon", la petite blonde n'est certainement pas aussi innocente que prévue. En réalité, elle travaille pour la brute. POUAH la salope ! et sa mission? 
Amadouer le truand, pour aider l'autre, qui en pince pour elle, à démonter les Peaky Blinders.


EIN SCANDAL je vous dis.

SAuf que la brute a beau avoir la plus belle des organisations, le truand est de loin le plus intelligent.


On croit pourtant que c'est Grace qui va mener tout le monde en bâteau... Thomas est trop aveuglé par son amour, et le flic est pareil. De grands amoureux transis ces anglais. Mais, Grace va tomber amoureuse de Thomas. Et va aussi lui causer une part de ses ennuis. Elle va aussi ravager pas mal son coeur, ainsi que briser celui du Flic. Quelle salope. 

Mais, comme dans Sergio Leone, c'est le bon qui meurt, et le truand qui empoche l'or. La brute est juste laissée à son désespoir. Et le bon, meurt en silence.

Reste donc un nouveau face à face, entre le truand et la brute, promis pour la saison 2. Thomas va être officiellement brisé, et le flic aura tué la femme qu'il aime... 
Sauf s'il ne l'a pas fait! ( On aimerait tous. )

Saison 2 : CA VA EXPLOSER CHEZ LES COWBOYS ! 





NEW SERIES ! Intelligence (US) - S01E01 - review



Un homme, l'Himalaya, la douleur d'une séparation... Notre héro est un dur, et si dès les premières images vous en doutez, c'est que vous vivez sur Mars. Je sais ce que vous pensez et vous avez parfaitement raison : Intelligence est une série qui se centre autour d'un personnage bien américain, avec des thèmes bien récurrents et bien clichés.
Pourquoi pas après tout?




Bon, alors allons-y, parlons de ce premier épisode.



Gabriel est un super humain. Un super-humain parce qu'il a cette puce dans la tête qui le rend super-puissant. Il peut récréer des scènes entières en les projettant dans l'espace (et pour l'aspect plastique de la série, c'est un plus!), et retrouver des éléments importants. Littéralement, c'est un ordinateur, mais avec le point de vue d'un cerveau : il comprend les émotions, et il exploite les informations en les traitant de façon totalement autre qu'un ordinateur. Il comprend les événements aléatoires et les distinctions propres aux humains, puisqu'il en est un.



Mais comme chaque super-humain, il a aussi cette tendance à s'efforcer tellement fort à être un connard que même s'il est sensible quelque part, il finit par se faire passer pour un enfoiré auprès de tous les gens qui le rencontrent.

Ses ennemis ? Juste les chinois, les iraniens, les coréens, les russes, tous les autres ennemis habituels des états unis ... et lui-même. Vous commencez à avoir un portrait?

Imaginez l'arrivée d'une jeune femme qui va lui servir de bodyguard (évidemment, elle a plus de couilles que la plupart des mecs de la CIA du FBI et aussi à peu près toutes les organisations PATATI PATATA... elle a tué un mec quand elle était jeune.... bref, une dure à cuire qui sait ce que veut dire "avoir la dalle" et "killed on self defense"...) et devinez quoi? Elle est canon.



MAis Gabriel ne peut s'interesser à la petite dur à cuire parce que sa femme, à lui, est une ennemie de l'état. Non attendez... j'ai mieux... elle est quelque part, en couverture, et elle est tellement bonne que tout le monde pense qu'elle est morte et avant de mourir qu'elle a joué un rôle dans un énorme attentat. Gabriel, évidemment, est persuadée qu'elle est vivante. IL LE SAIT.


Dans ce premier épisode donc, relation avec le créateur, relation avec le technicien informatique de la puce, relation avec sa femme, bref, on met l'accent sur le fait que Gabriel est un super-ordinateur avec de super relations. il s'attache ce garcon, il est entouré, il est admiré, il est aimé ou détesté.



Une série qui croise science-fiction, pseudo psychologie, clichés et super-technologie... Evidemment le tout sur fond pro-américain.
Pour l'instant, je valide cette série et je vous la conseille, dans la mesure ou vous savez que ce ne sera pas le moment le plus spirituel de votre vie. Ou alors, si vous etiez fan de Lost et que vous aviez hate de retrouver le dur à cuire/un peu connard/débrouillard/un peu beau parleur/très dragueur/du bout de la plage de cette série.

À suivre donc...


Homeland - S03 - review

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Je viens de finir la saison 3 de Homeland, alors c'est parti. De manière générale, si vous ne l'avez pas vu, je vous la conseille. En 2013 je dirais qu'il y a eu deux saisons 3 qui valaient vraiment le coup d'être vues, c'est celle de Game Of Thrones, qui nous a bien emportés (et il faut reconnaitre le merite de la série : cadre spatial très large, nombre de personnage énorme, cadre temporel très très réduit dans l'intrigue, bref, de quoi rendre compliquée la saison, et pourtant ! ) et Homeland. A la fin de la saison 2, on pouvait se demander si ça ne perdrait pas un peu, avec cet attentat, le 12/12/12 etc...

hé bien NON! 

j'ai le plaisir de vous dire que non seulement les réalisateurs de la série on considérablement rendu son mérite aux différents personnages de la série, et ça fait plaisir de voir des personnalités évoluer autant même après la saison 1.

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Le personnage de Carrie a évolué, de telle manière qu'on arrive maintenant à la considérer MAMAN !

(Rappelez vous la saison 1, elle était tellement paumée qu'elle en était au point où elle a essayé de draguer Saul dans les premiers épisodes : je ne sais pas si vous vous souvenez comme il l'a engueulée, mais il l'en avait punie pendant un certain moment.)

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Le personnage de Quinn ne reste plus uniquement une façade, et on voit même une véritable ouverture se profiler entre lui et Carrie (c'est bon, il veut tout le temps savoir comment elle va, ce qu'elle fait, ou elle est : il se la tape quand ?!).

De toute façon on attend tous d'en savoir plus à propos de ce type (le meilleur pour la fin...)


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La relation entre Saul et la CIA évolue de manière inattendue : il arrive à sortir en héro et à être viré en même temps, ce qui est quand même magique ! La relation avec sa femme elle aussi a évolué, et ça fait du bien de voir qu'elle n'est pas tout le temps en train de lui faire des pseudos crises de jalousie sur son boulot. Avec Alain Bernard, on aura même une vraie intrigue, et l'importance de la femme de Saul révélée autant au spectateur qu'à lui-même. Chapeau.

Dar Adal est toujours un putain de vendu, on ne l'aime pas. De toute façon, tout le monde évolue sauf lui.

Brody devient réellement indépendant de sa famille (ça fait du bien) et commence à avoir une vraie histoire personnelle : ce n'est plus juste le mec qui a fait huit ans avec Abu Nazir et n'arrive pas à se réintégrer au point qu'il ne sait même plus baiser sa femme (personne ne sait d'ailleurs réellement qu'il n'était pas pendant huit ans dans la cellule),
c'est le mec qui a été prisonnier pendant huit ans, qui a failli tuer faire exploser un bunker avec un gilet plein d'explosifs, qui a été accusé à tort du bombardement de Langley, qui a fini par se faire tirer dessus à la frontière Colombienne, qui a dû se sevrer de plusieurs mois dans une cellule à juste se droguer H24 oublier Carracas, qui doit tuer un des plus importants dignitaires de l'Iran, et cela tout en sachant que sa fille ne veut plus le voir, sa femme le-tuera-si-elle-le-voit-et-Carrie-est-enceinte-de-lui.

*respire* 

PFIOU. 

Oui, je viens de faire une description de Nicholas Brody, personnage de Homeland, non, non, pas d'un personnage de SF.


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La classe Brody. Un concept breveté par Showcase. Marque déposée.

Bon, après, évidemment quand on est aussi cool les gars, on est aussi méga torturé dans sa tête, et ne vous faites pas d'illusions, on meurt très vite aussi. D'ailleurs, très vite après l'assassinat, il meurt. Mal, d'ailleurs. La mort de Brody est un moment réellement dégueu. Mais bon, life is life, et Brody a la Brodyclass ("non, ce n'est pas une maladie, papa, maman, c'est une série ni un code d'activation pour un logiciel du futur destiné à sauver l'humanité").

Bref, Brody a la classe, et moi je dois arrêter de regarder des séries.

Bon, après je reste persuadée que Brody est une image de près ou de loin inspirée de jesus. La rédemption, l'abnégation dont fait preuve Brody, c'est pas un peu religieux? Très certainement tiré par les cheveux, mais pas completement stupide (ils sont américains, la religion ils kiffent presque autant que les idées réactionnaires !).

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Au niveau de ce qu'on retient, je pense que de loin, le dernier épisode est peut-être le mieux foutu. Saul qui part de la CIA après la cérémonie et Carrie qui rentre dans la CIA après l'avoir regardé partir : un présage que Carrie sera dans quelques temps directrice de la CIA? Pourquoi pas, après tout? Une saison 4 à Istanbul, avec ses premières difficultés de mère et une saison 5 BACK TO USA, avec en bande son "Born In the USA" de Bruce Sprinsteen, le bonheur, la big promotion et là, un énorme drame diplomatique dès le début de sa surveillance en tant que directrice de la CIA... oh mon dieu, je m'enflamme. Bien possible. Ca renouvellerai le casting, donc ça peut au moins lancer à la suite une saison 6 s'ils gérent dans la saison 5.

"six seasons and a movie"?...

On retient aussi évidemment la scène où Carrie regarde mourir l'homme de vie, Brody. Une scène superbement tournée, avec cette immense grue pour ce si petit homme, qui ne regarde qu'elle, et est si loin de la vie déjà.

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On attend aussi l'importance croissante de Quinn, qui, on le sent, va être important dans la saison 4. On ne sait pas encore si Carrie va lui demander de venir avec elle a Istanbul, mais dans tous les cas, il aura un rôle important. S'il reste aux USA peut-être l'accouchement de Carrie va lui faire réaliser son rôle de père auprès de son propre gosse. Les plans ont évolués autour de lui, ils se sont plus centrés sur son visage, moins sur des plans larges et généraux où il apparaissaient de manière totalement neutre au milieu d'un groupe. On nous reserve quelque chose de majeur.

Petit rappel : on nous glisse dans les saisons d'avant que Quinn va avoir quelque chose à voir avec Carrie lorsqu'il interroge Brody. Ils forment à un moment de la série cet espece de "triangle" que Quinn ne marque pas vraiment (c'est son passé qui fait ça je vous dis! ou alors il a peur de s'impliquer dans une relation) à ce moment :

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et à celui-là :

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Moi j'avais même pensé pendant cet interrogatoire que ça annoncait que Quinn serait celui qui tuerait Brody. Parce que Carrie ne pourrait jamais et que Saul est devenu bureaucrate depuis qu'il dirige l'agence.

À la fin de la saison 2, on avait gros plans sur SAUL, Carrie, et Brody, maintenant que Saul est parti est que Brody est mort, on sait que le nouveau connard à la tête de la CIA va être important en arrière plan, que Quinn va jouer un rôle et on attends peut-être quelque chose du côté du père de Carrie. Les Brody vont certainement totalement disparaitre, à l'exception peut-être de Dana... si elle apprend un jour la vérité à propos de son père.

À suivre...

Les Génériques de films de Scorsese - Blow up

"Taxi Driver" meets "Un homme qui dort"

Wong Kar-wai par Thierry Jousse - Blow up





Petite parenthèse avec Thierry Jousse aujourd'hui, je vous partage une super vidéo sur la musique dans les films de Wong Kar Wai. Des influences marquées, une discothèque bien bien large pour le réalisateur et certainement, des goûts très très fins.

À voir absolument, et à savourer, parce que c'est bien fait.

N.

in he mood for love, wong kar wai

"L'accordeur" de Olivier Treiner - court métrage


"Après un échec à un concours international, un jeune pianiste prodige se reconvertit en accordeur de piano prétendument aveugle (car les gens croient que les sens, particulièrement l'ouïe, d'un aveugle sont plus aiguisés). C'est une autre façon de jouer, un peu bizarre et qui, même s'il semble amusant de s'introduire presque innocemment dans l'intimité de personnes convaincues qu'on ne les voit pas, peut réserver des sensations extrêmes à qui la pratique." 
L'accordeur est le protrait d'un jeune homme, Adrien.




Qui est le personnage de l'accordeur?

De lui nous ne savons rien, même pas son nom. Il est pianiste, fait semblant d'être aveugle, aime le sucre et accorde bien les pianos. Il a tendance à mentir pour obtenir ce qu'il veut, et il semble intelligent. Peut-être un peu trop. Il a aussi horreur qu'on lui refuse quelque chose.
Adrien recherche la proximité avec les gens. Il aime faire un pas dans leur intimité et les voir quand ils baissent la garde.

Les gens chez eux sont toujours différents de comme on les voit à l'extérieur. Ils sont toujours un peu plus relachés, un peu plus eux-mêmes.

Avec un aveugle, ils se sentent encore plus à l'aise.

Ce sentiment, Adrien le recherche semble-t-il. Même s'il semble qu'il aime aussi satisfaire un certain côté voyeur qu'on ne peut nier (les sourires lorsqu'il  regarde la jeune fille danser, mais aussi le confort calme et serein qui transparait dans l'appartement du mec qui se balade en caleçon). Adrien recherche cette vivacité de l'instant, cette pureté et ce naturel que chacun cache, et qu'il cache lui-même en déguisant toute sa personnalité, en ne jouant plus que pour ceux dont il accorde le piano.
  • l'efficacité du court-métrage : 
- la scène d'ouverture, absolument réussie, qui captive tout de suite le spectateur en posant des jalons forts : un aveugle qui joue du piano, une personne dont on ne sait rien et un homme assis dont le pianiste ne sait rien.

- les contrastes ( le pianiste aveugle qui ne joue pour personne / le pianiste talentueux promis à un riche avenir qui passe le concours pour le Prix Bernstein, l'aveugle / le voyeur, le pianiste / l'accordeur, l'opportuniste / l'enfant blessé par son échec, l'homme indépendant actif à l'emploi type de l'adulte et qui raconte des histoires pour expliquer son PDV / l'enfant qui mange du sucre, reste allongé à bouder toute la journée et exige qu'on lui ouvre la porte, la première moitié du film, claire et légère / la deuxième moitié, sombre et sanglante ) et surtout comment ils disparaissent tous à la fin : il ne reste plus que le pianiste. Il a arrêté de faire semblant.

- le jeu de Gregoire LePrince-Ringuet, dont le petit côté légèrement coincé passe parfaitement et donne un aspect respectable au personnage.

- l'opposition entre la scène d'ouverture, le thème de la musique, le côté un peu cassé de notre personnage et sa petite convoitise pour ses réparations ET la scène finale, à partir du moment où on voit le sang. Toute cette fin est sensée être muette, et nous sommes dans la tête d'Adrien. Le seul son qui est réellement présent à ce moment est le son de son piano. Le fait de savoir cela, même si l'acteur parle en voix off, cela fortifie l'effet "thrillant".



L'accordeur, court métrage français d'Olivier Treiner sorti en 2010
classé dans drames psychologiques et thrillers
avec Grégoire Leprince-Ringuer, Grégory Gadebois, Danièle Lebrun, Emeline Gue
couleurs - 35mm - 13'
musique de RAPHAEL TREINER
césar du meilleur court-métrage (2012) ; Chistera du jury au festival des jeunes réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz.